L’économie mondiale fait face à des incertitudes en raison de statistiques contrastées.

Le changement de ton des banques centrales depuis quelques semaines laisse la place à toutes les interprétations. L’économie mondiale vit-elle un choc de croissance qui ferait basculer dans la récession un grand nombre de pays ? Le risque de déflation resurgit-il devant l’incapacité des grands argentiers à remettre l’inflation au niveau cible ? La baisse du commerce mondial et la décélération industrielle qui en découle sont-ils des phénomènes passagers liés au conflit commercial sino-américain et au Brexit?
Toutes ces questions et les réponses très variées qui y sont apportées ont été des facteurs d’instabilité pour les marchés financiers ces six derniers mois. En dépit du ralentissement récent, nous n’envisageons pas une entrée proche en récession des principales économies mondiales. Aux Etats-Unis, les dernières données sur la consommation ont un peu déçu. Le shut down et une météo peu favorable expliquent sans doute une partie de cette évolution. Par ailleurs la tendance de la production industrielle inquiète. Elle est impactée par la chute du marché automobile. L’indice de la Fed de Richmond, que nous considérons comme un bon indicateur d’activité industrielle, nous a récemment rassuré et laisse augurer d’un rebond prochain, de même que les dernières statistiques d’emploi. Enfin, l’inflation, hors énergie, est au niveau souhaité de 2%. La hausse des salaires va soutenir l’indice des prix dans les prochains mois. La FED pourrait à nouveau changer de discours en fin d’année si les chiffres économiques deviennent plus rassurants.

Nous ne voyons donc pas de rupture de la tendance positive aux Etats-Unis, tout au plus une inflexion que nous jugeons provisoire.

En Europe, l’économie devrait avoir atteint un point bas. L’Allemagne est la déception de la zone, souffrant de son industrie automobile et du ralentissement du commerce mondial qui impacte son industrie. La France, en revanche, étonne avec une croissance qui semble tenir, en dépit de la longue crise des gilets jaunes qui l’affecte. Globalement, la zone euro souffre de toutes les incertitudes politiques, à commencer par le feuilleton interminable du Brexit. Les problèmes sociaux et l’échéance des élections européennes pèsent également sur notre continent. Comme nous l’avons déjà écrit, 2019 sera l’année de l’augmentation du pouvoir d’achat, via des augmentations de salaires ou des baisses d’impôts. La consommation devrait repartir au second semestre, mettant fin au ralentissement constaté depuis mi 2018. L’Europe pourrait être la bonne surprise de 2019. En Chine les dernières statistiques sont encourageantes, l’activité ne semblant plus se dégrader. La politique menée par le gouvernement cherche à compenser l’impact de la guerre commerciale avec les Etats-Unis. Un accord sur le commerce parait désormais très probable. Il serait un soulagement pour l’économie mondiale.

Les marchés financiers ont rebondi au cours de ce premier trimestre. Il s’agit avant tout d’une correction des excès baissiers de la fin 2018.

Pour que cette hausse se poursuive il faudra désormais une amélioration sur le front politique. Les risques demeurent et nous contraignent à garder un certain équilibre dans nos portefeuilles. La prudence récente de nos fonds flexibles, après un bon début d’année, va dans ce sens. Un accord sur le Brexit et un succès dans les négociations sino-américaines pourraient redonner un second souffle aux bourses mondiales.

lien :**pdf (var pdf)https://www.amplegest.com/wp-content/uploads/Point-macro-avril-2019-2.pdfurl :*https://www.amplegest.com/wp-content/uploads/Point-macro-avril-2019-2.pdf*
Télécharger l'article