Il est aujourd’hui de bon ton de faire de l’Europe et plus particulièrement de l’Euro, l’alpha et l’oméga de tous les problèmes économiques et sociaux rencontrés depuis de nombreuses années. L’Europe n’est pas parfaite, loin s’en faut, pas plus que n’étaient parfaits l’Allemagne, la France, l’Italie et les autres avant la construction de la zone Euro. Un fonctionnement moins technocratique est notamment nécessaire.

Mais l’Europe n’est pas acculée comme peuvent le faire croire les articles et autres points de vue de ces beaux esprits qui ont fait du combat anti euro une obsession quotidienne. On nous annonçait notamment un raz de marée populiste aux dernières élections du parlement européen. Nous avons eu tout juste une poussée modérée des partis anti Euro, par ailleurs très divisés. Les partis traditionnels gardent les leviers de décision et la mise en place récente des organes de gouvernance (Christine Lagarde à la BCE, Ursula von der Leyen à la commission européenne) a montré que la coopération, même si elle est parfois difficile, aboutit à des choix forts. La présence de femmes à des postes clef laisse en outre espérer un peu plus de pragmatisme et un peu moins de technocratie…

Les pays qui ont tenté une autre voie se heurtent rapidement aux réalités, toujours occultées par les éreinteurs professionnels de l’Europe. Le Royaume-Uni se retrouve dans une situation compliquée, aucun accord de sortie de la zone Euro n’ayant à ce jour été trouvé. La perspective d’un no deal est aujourd’hui crédible, montrant bien le tragique état de désunion et de fracture chez nos amis anglais. Mieux encore, l’un des pays les plus fragiles de la zone Euro, la Grèce, vient de mettre fin à la parenthèse Tsípras, après des années de fausses promesses, puis de retours à la réalité. Les tribuns qui affirment qu’ils vont tout renégocier ou alors s’en aller ne savent souvent pas de quoi ils parlent.

Plutôt que de critiquer en permanence notre continent et son organisation actuelle, soyons fiers de faire partie d’une zone économique forte de 340 millions d’habitants, seule capable de rivaliser avec les deux autres grandes zones : l’Amérique du nord et l’Asie.

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